NTIRAMPEBA Viola vit à Zina, dans la province de Bubanza. Mère de six enfants, Viola se lève chaque matin avec une seule idée: que sa famille ne manque de rien. Pendant longtemps, elle a cultivé un petit lopin de terre, juste assez pour nourrir les siens. Mais Viola ne s’est jamais contentée de survivre. Comme des nombreuses familles de la commune Zina, elle a rejoint le programme Green Graduation-Terintambwe Mw’isi Itotahaye, mis en œuvre par la CAPAD en partenariat avec Concern.
Avec le temps, elle a appris à mieux connaître sa terre, en adoptant des pratiques agro écologiques comme le compostage en tas et l’utilisation du Tithonia. Et peu à peu, ses récoltes ont changé. Là où elle récoltait 5kilos de haricots, elle en ramasse désormais des 50kilos de haricots volubiles sur une superficie de 3,33ares et 30 Kilos de haricots nains sur une superficie de 2,5ares. « Hier, j’ai cuisiné des haricots frits à l’huile avec de la pâte de maïs. Mes enfants ont bien mangé, et moi j’étais fière. Nous n’avons plus besoins de recourir aux feuilles de manioc pour nous nourrir », dit-elle doucement.
Viola a aussi trouvé une nouvelle voie : avec l’une de ses filles, elle loue des palmiers et produit de l’huile de palme avec le cash transfert reçu de Concern. Elle vend les résidus du palmier à 20000fbu et la bouteille de 20litres de l’huile de palme à 40000Fbu, et parfois, elles réalisent un bénéfice de 200000BIF. Ce revenu lui a permis d’envoyer ses enfants à l’école, d’acheter des habits et des chaussures. « Mon fils de 8 ans et celui de 12 ans ont commencé la première année pour cette nouvelle année scolaire. Je suis fière de voir ce que devient ma famille », dit-elle avec émotion.
Mais ce qui anime Viola, ce ne sont pas seulement les chiffres ou les récoltes. Ce sont ses rêves. Elle veut que ses enfants grandissent avec des cahiers, pas des ventres vides. Elle rêve d’une maison solide sur sa propre terre. Et surtout, elle veut que ses filles sachent qu’elles peuvent elles aussi bâtir quelque chose, même avec peu.
« Avant, je pensais que la pauvreté était une fatalité. Mais maintenant, je vois que c’est aussi une question de regard. Quand tu crois en toi, tu trouves des chemins », confie-t-elle.
Viola n’a pas changé de monde. Elle a changé de posture. Elle incarne cette force tranquille des femmes rurales qui, avec un peu de soutien et beaucoup de courage, changent le destin de leur foyer et de leur communauté.
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