Confédération des Associations des Producteurs Agricoles pour le Développement

Entretien avec Madame Odette Ntirampeba, Présidente de la coopérative "GIRUMWETE-DUKORE"

Pourriez-vous vous présentez en quelques mots ?

Je suis riziculteur et je préside la coopérative rizicole « GIRUMWETE DUKORE » de Mutimbuzi. J’ai 37 ans, je suis mariée avec 2 enfants un garçon et une fille. Mon mari est lui un riziculteur.

Pourriez-vous nous présenter brièvement votre coopérative ?

La coopérative « GIRUMWETE DUKORE » se trouve dans la province de Bujumbura en commune Mutimbuzi, 15ème avenue dans la zone Maramvya. Aujourd’hui elle compte 608 membres dont 240 hommes et 368 femmes. La coopérative comprend 68 groupements. De plus, la filière Riz intéresse notre coopérative. Au niveau des organes, on distingue le Comité Exécutif et le Comité de Surveillance. Le genre est sensiblement observé dans ces comités.

Quand la coopérative a-t-elle été créée et quelles sont les raisons ?

GIRUMWETE DUKORE a été crée en date du 20 Avril 2006 si ma mémoire est bonne. Ici, dans la plaine de l’imbo, on y trouve beaucoup de riziculteurs. Selon la culture Burundaise, dans un ménage quelconque, c’est la femme qui s’occupe des champs. On a constaté depuis longtemps que la culture du Riz nécessite beaucoup de moyens financiers et il est très difficile d’avoir accès au crédit agricole sans aucune hypothèque. Nous nous sommes concertés entre groupements, et on a décidé de créer une coopérative pour pouvoir travailler ensemble et s’entraider mutuellement. Certains disent que l’union fait la force, je suis de leur côté. La vie d’avant la création de cette coopérative est différente de celle d’aujourd’hui. Je suis moi-même parmi les fondateurs de cette coopérative et je suis la première femme à la tête de la coopérative. J’en suis ravie. La coopérative, depuis sa création, est membre de la Confédération des Associations des Producteurs Agricoles pour le Développement « CAPAD ». Notre coopérative a été créée également dans le but de lutter contre la pauvreté, d’augmenter les revenus pour faire face aux dépenses du ménage et plus spécialement aider les paysans riziculteurs d’être stable financièrement.

Qu’avez-vous bénéficié de la coopérative ?

J’ai bénéficié beaucoup de choses. J’ai appris à semer en ligne, j’ai bénéficié des formations sur les nouvelles techniques et maintenant je forme les autres membres de la coopérative. Auparavant je cultivais un champ de 20*60 m du Riz et maintenant grâce à la coopérative je cultive 1.5ha. Au sein de notre coopérative nous pouvons accéder au crédit agricole avec l’appui de CAPAD. Les revenus augmentent jour au jour et je parviens à couvrir toutes les dépenses familiales. Des équipements modernes comme le motoculteur et la machine de fabrication des briquettes d’engrais ont permis aux membres de la coopérative de dépenser moins pour la production du Riz. L’adoption des briquettes d’urée augmente les revenus : le rendement augmente et la quantité d’engrais utilisée à l’hectare diminue. Avant, les riziculteurs utilisaient 250 kg d’engrais à l’hectare voire même plus mais aujourd’hui ils utilisent 218 kg/ha. Avec mes revenus je suis capable de payer les frais scolaires de mes deux enfants : le premier est en 10ème année et le second en 6ème année primaire, et je couvre également les soins médicaux. Ma vie a tellement changé depuis que je suis membre de la coopérative GIRUMWETE DUKORE.

Quel est l’apport de la CAPAD ?

La CAPAD appui sensiblement notre coopérative comme elle le fait pour les autres coopératives membres. Pour avoir des producteurs performants on a besoin des formations en la matière. CAPAD organise des formations au profit des producteurs agricoles sur tous les thèmes agricoles et les nouvelles techniques agricoles. Elle a instauré le système de warrantage dans notre coopérative, un système qui aide les producteurs d’avoir accès au crédit de la part des institutions financières en hypothéquant notre production pour un certain temps et cela nous permet de vendre à un prix normal alors qu’avant les usuriers profitaient de notre pauvreté et achetaient notre production à un prix très bas. Ainsi, la CAPAD négocie-t-elle avec les institutions financières en faveur des producteurs et de plus elle se porte garant des producteurs agricoles. Notre coopérative a bénéficié de trois crédits de la part du COOPEC en 2008, 2009 et 2012. C’est la CAPAD qui négocie ces crédits. L’institution financière donne aux producteurs 60% de la valeur de la production avec 2% d’intérêts par mois. La CAPAD organise des échanges d’expériences entre paysans que ce soit au niveau national ou régional ou international. Les producteurs en profitent beaucoup. Enfin, la CAPAD est vraiment la voix des producteurs, elle plaide en faveur des paysans, à titre d’exemple je mentionnerai l’affaire du Riz Japonais dans laquelle CAPAD s’est donnée corps et âme pour défendre les producteurs agricoles burundais et surtout les riziculteurs.

Quelles sont les prospectives de l’avenir ? Pour vous et la Coopérative.

Dans l’avenir je veux acheter une Frisonne et peut être 2 ha ou plus pour produire beaucoup. Je déploie tellement d’efforts dans ces derniers jours et je suis convaincu qu’un jour je deviendrais une grande productrice du Riz dans la région de l’Imbo. Au niveau de la coopérative, nous voulons acheter des champs appartenant aux membres la coopérative et les exploiter en tant que coopérative au lieu de cultiver d’une manière individuelle. Enfin, on a un plan de construire un grand dépôts pour notre production.


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